Comprendre le taux de croissance et le temps de doublement
Le temps de doublement s'effondre rapidement lorsque le taux augmente, puisque la relation est logarithmique et non linéaire. Le tableau ci-dessous donne des temps de doublement approchés pour des taux courants, calculés par t = ln(2) ÷ ln(1 + r).
| Taux de croissance par période | Temps de doublement exact (périodes) | Approximation par la règle de 70 |
|---|---|---|
| 1% | ≈ 69,66 | 70 |
| 2% | ≈ 35,00 | 35 |
| 5% | ≈ 14,21 | 14 |
| 10% | ≈ 7,27 | 7 |
| 20% | ≈ 3,80 | 3,5 |
- Ce calculateur modélise une capitalisation à périodes discrètes (une fois par période), et non une capitalisation continue. La croissance exponentielle continue s'écrit P(t) = P₀ × eʳᵗ et donne des résultats légèrement différents à taux nominal égal.
- Un taux de décroissance égal ou supérieur à 100% (facteur ≤ 0) n'est pas modélisé : la valeur atteindrait zéro ou deviendrait indéfinie. Les résultats ne sont donc renvoyés que pour des taux qui maintiennent le facteur strictement positif.
- La « règle de 70 » (ou « règle de 72 » en finance) est une approximation de calcul mental de la formule logarithmique exacte ; elle est d'autant plus fiable que le taux reste en deçà de 10 à 15% par période.
Qu'est-ce que la croissance exponentielle ?
Il y a croissance exponentielle lorsqu'une grandeur augmente d'un pourcentage constant à chaque intervalle de temps égal : l'augmentation elle-même grossit donc au fil du temps, tandis qu'une croissance linéaire ajoute chaque période la même quantité fixe. La décroissance exponentielle est le processus symétrique : la grandeur diminue d'un pourcentage constant à chaque période, et la baisse absolue se réduit à mesure que la valeur de référence s'amenuise.
Une seule formule, P(t) = P₀ × (1 ± r)ᵗ, décrit les deux phénomènes : P₀ est la valeur initiale, r le taux par période exprimé en décimal, t le nombre de périodes, le signe étant positif en croissance et négatif en décroissance. C'est la formule de croissance composée à périodes discrètes, mathématiquement identique aux intérêts composés sans versement supplémentaire.
Les modèles exponentiels traversent toutes les sciences : croissance d'une population à ressources illimitées, décroissance radioactive, intérêts composés, propagation d'une maladie infectieuse à ses débuts ou loi de Moore sur la densité des transistors relèvent tous de cette même forme, même si le taux r et les mécanismes réels qui le sous-tendent varient d'un domaine à l'autre.
Comment utiliser ce calculateur de croissance exponentielle
- Saisissez la valeur initiale, c'est-à-dire la quantité de départ de la grandeur modélisée (population, solde d'un placement, quantité de substance, etc.).
- Indiquez le taux de croissance ou de décroissance en pourcentage par période (par exemple 5 pour un taux de 5%).
- Indiquez le nombre de périodes à projeter. Les périodes doivent employer la même unité de temps que le taux : un taux annuel appelle un nombre d'années.
- Choisissez « Croissance » si la valeur augmente à chaque période, « Décroissance » si elle diminue. Lisez ensuite la valeur finale, la variation totale par rapport à la valeur initiale et le temps de doublement ou de demi-vie.
La formule de croissance et de décroissance exponentielle
La formule de base s'écrit P(t) = P₀ × (1 + r)ᵗ en croissance, ou P(t) = P₀ × (1 − r)ᵗ en décroissance, où P₀ désigne la valeur initiale, r le taux par période en décimal et t le nombre de périodes écoulées. Exemple traité (croissance) : avec P₀ = 1 000, r = 5% soit 0,05, et t = 10 périodes, on obtient P(10) = 1 000 × 1,05¹⁰ ≈ 1 000 × 1,628895 ≈ 1 628,89. La variation totale vaut donc 1 628,89 − 1 000 = 628,89.
Le temps de doublement (croissance) et le temps de demi-vie (décroissance) répondent à la question « combien de périodes avant que la valeur double ou soit divisée par deux ? ». On les obtient en résolvant (1 ± r)ᵗ = 2 (ou 0,5) par les logarithmes : t = ln(2) ÷ |ln(1 ± r)|. Pour l'exemple à 5%, le temps de doublement vaut ln(2) ÷ ln(1 + r) avec r = 0,05, soit environ 0,693147 ÷ 0,048790 ≈ 14,21 périodes. C'est la forme exacte de la fameuse « règle de 70 » (70 ÷ 5 ≈ 14 périodes pour un taux de 5%), simple raccourci arrondi de cette même formule logarithmique.
En décroissance, la même approche logarithmique donne le temps de demi-vie. Exemple : pour un taux de décroissance de 3% (facteur 0,97), t = ln(2) ÷ |ln(1 − r)| avec r = 0,03, soit environ 22,76 périodes — le nombre de périodes nécessaires pour que la grandeur tombe à la moitié de sa valeur de départ.
Erreurs fréquentes
- Faire diverger l'unité de temps du taux et celle des périodes : un taux annuel doit être associé à un nombre d'années, non de mois ou de jours, à moins de convertir le taux au préalable.
- Raisonner sur une croissance exponentielle comme si elle était linéaire : doubler le nombre de périodes ne double pas la valeur finale, mais élève le facteur de croissance au carré, d'où des évolutions bien plus fortes que ne le suggère l'intuition.
- Saisir un taux de décroissance supérieur à 100% (150%, par exemple), qui produit un facteur négatif ou indéfini et ne modélise plus aucune décroissance proportionnelle.
- Confondre le temps de doublement avec le délai nécessaire pour atteindre une valeur cible précise : le temps de doublement ne dépend que du taux et nullement de la valeur de départ.
- Attendre de la règle de 70 ou de 72 qu'elle coïncide exactement avec le calcul logarithmique : il s'agit d'une bonne approximation, non d'une formule exacte, et l'écart se creuse aux taux élevés.
Questions fréquentes
Quelle est la formule de la croissance exponentielle ?
La croissance exponentielle s'écrit P(t) = P₀ × (1 + r)ᵗ, où P₀ est la valeur initiale, r le taux de croissance par période exprimé en décimal et t le nombre de périodes. Par exemple, 1 000 £ progressant de 5% par période pendant 10 périodes donnent 1 000 × 1,05¹⁰ ≈ 1 628,89 £.
Comment calculer le temps de doublement ?
Le temps de doublement vaut t = ln(2) ÷ ln(1 + r), où r est le taux de croissance en décimal. Pour un taux de 5%, cela donne environ 14,21 périodes. Ce chiffre indique en combien de périodes une grandeur croissant à ce rythme double de taille, indépendamment de sa valeur de départ.
Quelle différence entre croissance exponentielle et croissance linéaire ?
La croissance linéaire ajoute la même quantité fixe à chaque période (par exemple +10 unités), tandis que la croissance exponentielle ajoute un pourcentage fixe de la valeur courante, si bien que l'augmentation absolue s'amplifie avec le temps. Une grandeur exponentielle finit toujours par dépasser une grandeur linéaire, aussi grand que soit l'incrément de cette dernière.
Qu'est-ce que la règle de 70 ?
La règle de 70 est un raccourci de calcul mental qui estime le temps de doublement en divisant 70 par le taux de croissance en pourcentage. Pour un taux de 5% : 70 ÷ 5 = 14 périodes, tout près du résultat logarithmique exact de 14,21 périodes. C'est une approximation de la formule t = ln(2) ÷ ln(1 + r), d'autant plus fidèle que le taux est faible.
En quoi la décroissance exponentielle diffère-t-elle de la croissance ?
La décroissance applique le taux comme une réduction et non comme une hausse : P(t) = P₀ × (1 − r)ᵗ. Les deux processus partagent la même structure mathématique — une variation en pourcentage fixe capitalisée à chaque période — mais la décroissance tend vers zéro au fil du temps, tandis que la croissance augmente sans borne.
Le taux peut-il être négatif en mode « croissance » ?
Oui : saisir un taux négatif en mode croissance produit une valeur décroissante, ce qui équivaut mathématiquement à une décroissance. Les modes « croissance » et « décroissance » existent surtout pour la clarté de l'interprétation et pour afficher le bon libellé, temps de doublement ou temps de demi-vie.
Références
- NIST Digital Library of Mathematical Functions (DLMF), §4.2 Elementary Properties of the Exponential Function. dlmf.nist.gov.
- Boyce WE, DiPrima RC. Elementary Differential Equations and Boundary Value Problems. 11th ed. Wiley, 2017. (Exponential growth/decay models.)
- Weisstein EW. 'Doubling Time' and 'Exponential Growth.' MathWorld — A Wolfram Web Resource. mathworld.wolfram.com.